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Des chercheurs dévoilent les secrets moléculaires responsables de l'importante longévité de certaines chauves-souris

Les scientifiques ont identifié une partie du mécanisme moléculaire qui donne aux espèces de chauves-souris longévives leur durée de vie extraordinaire par rapport aux autres animaux. Les résultats publiés dans la revue Science Advances pointent vers les structures protectrices à l'extrémité des chromosomes, appelées télomères.

Chauve-souris Grand Murin © Olivier Farcy, Bretagne Vivante
Mis à jour le 13/02/2018
Publié le 12/02/2018

Selon l'équipe internationale de scientifiques parmi lesquels Eric Petit chercheur à l'Inra Bretagne-Normandie, les télomères ne raccourcissent pas avec l'âge chez les espèces de chauves-souris à longue durée de vie (Myotis), contrairement à ce qui se passe chez d'autres espèces de chauves-souris, les humains et d'autres animaux. Chez ces espèces, le raccourcissement des télomères intervient lors de la multiplication cellulaire à l’origine du renouvellement des tissus au fil du temps, ce qui, au cours d'une vie, peut conduire à la détérioration des tissus et finalement à la mort.

Pour mener l'étude, les chercheurs ont prélevé des biopsies de 3 mm de diamètre sur les ailes de quelques 500 chauves-souris sauvages capturées, marquées, puis relâchées, appartenant à quatre espèces différentes. Les échantillons ont été congelés instantanément dans de l'azote liquide ou déshydratés en utilisant des billes de silice. De l'ADN de haut poids moléculaire en a été extrait et la variation de la longueur des télomères a été évaluée.

"Nos résultats montrent que les télomères raccourcissent avec l'âge chez deux des espèces de chauves-souris (Rhinolophus ferrumequinum et Miniopterus schreibersii), ce qui est typique de la plupart des mammifères", explique le Dr Nicole Foley de l'University College Dublin, Irlande, premier auteur de cette étude. "Mais dans les espèces de chauves-souris les plus longévives (Myotis), nous n'avons détecté aucune preuve que leurs télomères raccourcissent avec l'âge, contrairement à toutes les attentes."

Pour découvrir comment les espèces de chauves-souris à longue durée de vie peuvent maintenir leurs télomères au fil du temps, les chercheurs ont comparé leurs génomes à ceux de 52 autres mammifères, en se concentrant sur 225 gènes associés au maintien des télomères. "Nos résultats suggèrent que les chauves-souris du genre Myotis ont développé de meilleurs mécanismes pour prévenir et réparer les dommages cellulaires induits par l'âge, ce qui pourrait en particulier être lié aux deux gènes ATM et SETX" explique le professeur Emma Teeling de l'University College Dublin, responsable de l’étude. "Ces chauves-souris n'ont montré aucune expression de la télomérase, mais ont plutôt développé un processus unique pour allonger leurs chromosomes sans induire de cancer. Ce sont de nouveaux résultats excitants que nous devons approfondir pour découvrir comment les chauves-souris peuvent rester en bonne santé tout en vieillissant."

Les résultats de l'étude sont une première étape pour aider à comprendre les mécanismes moléculaires qui ont évolué chez les chauves-souris et qui sous-tendent leur durée de vie inhabituellement longue. L'étude du vieillissement chez des chauves-souris sauvages peut fournir de nouvelles solutions intéressantes pour ralentir le processus de vieillissement et, en fin de compte, étendre la durée de vie en bonne santé chez l’Homme.

Cette étude a impliqué 10 instituts de recherche et de conservation de cinq pays différents et a été financée par le Conseil européen de la recherche (bourse ERC) et comprenait des chiroptérologues d'Irlande, de France, du Portugal, d'Allemagne et du Royaume-Uni.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

En savoir plus

Les institutions impliqués dans l'équipe international :

University College Dublin, Irlande.
Bretagne Vivante, Bretagne, France.
Université de Greifswald, Allemagne.
INRA Bretagne-Normandie, France.
University of Bristol, UK.
University of Porto, Portugal.
University of Lisbon, Portugal.
Institute for Nature Conservation and Forestry, Lisbon, Portugal.
University of Leeds, UK.
Université Toulouse III-Paul Sabatier, France.