• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Neurostimulation : Une unité rennaise partenaire du projet Investissement d'Avenir Intense

Le projet Intense vise à créer de nouveaux dispositifs électroniques implantables pour soigner des pathologies telles que l’insuffisance cardiaque ou l’obésité. Une opportunité pour l’unité de recherche rennaise "Alimentation et adaptations digestives nerveuses et comportementales" (UR ADNC) qui travaille sur les liens entre obésité et neurostimulation.

ADNC intense. © Jean-Claude Moschetti, Jean-Claude Moschetti
Par Service communication Inra Rennes
Mis à jour le 28/05/2013
Publié le 06/05/2013

On peut aujourd'hui stimuler le cerveau, des nerfs, des organes, pour soigner une maladie. Ce principe de neurostimulation se traduit sous la forme d’un appareil électronique implantable. Intense (Initiative nationale technologique d’envergure pour une neurostimulation évoluée) est un projet collaboratif de recherche et développement qui vise à développer de nouveaux dispositifs électroniques implantables pour étendre l’utilisation de la technique de neurostimulation à des pathologies telles que l’insuffisance cardiaque ou l’obésité.

Agir sur le comportement alimentaire grâce à la neurostimulation

Les chercheurs de l’unité Alimentation et Adaptations Digestives Nerveuses et Comportementales (UR ADNC) travaillent sur l’effet de la simulation du nerf vague ou de zones cérébrales sur le comportement alimentaire. Pour cela, ils ont recours au modèle miniporc. En effet, chez l’humain comme chez le miniporc obèse, le cortex préfrontal et le noyau accumbens, qui jouent un rôle important dans le plaisir et la motivation alimentaire, fonctionnent moins bien que chez un sujet sain. Une stimulation avec des électrodes implantées au niveau du nerf vague entraîne une stabilisation pondérale et une réduction durable de la consommation alimentaire chez le miniporc obèse soumis à un régime délétère. Cette stimulation, déjà expérimentée contre l’épilepsie ou la dépression, pourrait  donc être utilisée pour traiter des pathologies liées aux troubles du comportement alimentaire.

Des tests cliniques sur des patients souffrant d’obésité morbide

Dans le cadre du programme Intense, cette méthode va être développée sur des patients souffrant d’obésité morbide. Tout d’abord les chercheurs d’ADNC vont définir des paramètres précis de stimulation sur les miniporcs. En parallèle, le partenaire industriel Sorin développera de nouvelles électrodes adaptées au nerf vague, nerf impliqué notamment dans la communication entre tube digestif et cerveau. Lorsque les tests sur les miniporcs seront validés, des essais cliniques seront réalisés sur l’Homme. Avec l’aide de chirurgiens et de nutritionnistes, des personnes souffrant d’obésité morbide seront sélectionnées pour des tests dès 2014. Ceux-ci se dérouleront dans une structure dédiée, co-gérée par le CHU de Rennes, l’Inserm et l’Inra.

Développer un modèle alternatif pour une thérapie plus efficace

Le second objectif est de perfectionner l’application initiale de stimulation, développée en 2010 par les chercheurs d’ADNC. En effet, leur premier brevet portait sur la stimulation chronique du nerf vague. Mais avec la nouvelle génération d’électrodes, les chercheurs pourront moduler la thérapie. Par exemple, le nerf vague pourrait être stimulé uniquement lorsque la personne aura faim. Grâce à cette sélection, le système sera plus efficient. Le projet Intense, piloté par l’entreprise Sorin, réunit les entreprises MXM et 3Dplus, l’Inra, l’Inserm, les CHU de Rennes et de Grenoble, l’hôpital européen Georges Pompidou, le CNRS et l’Inria. Il bénéficie d’une dotation de 51 M € de 2012 à 2017.