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PROHEALTH, un projet de recherche européen sur la santé et la durabilité des systèmes de production animale

Doté de 9 millions d'euros, PROHEALTH est l’un des plus importants projets de recherche en santé animale financé par l’Union Européenne. Lancé officiellement le 17 décembre 2013 à Newcastle upon Tyne, au Royaume-Uni, ce projet inédit réunit 22 partenaires issus de la recherche académique, industrielle et privée provenant de 11 pays différents. En  France, l’Inra, le Groupe CCPA et Zoetis ont été retenus pour participer à cet ambitieux projet dont l’objectif est de trouver de nouvelles solutions pour garantir la santé et la durabilité des systèmes d’élevages de monogastriques.

Engraissement de porcs sur litière de paille. Cette alternative aux caillebotis permet un abattement des émissions de gaz azotés et offre un aménagement d'élevage en réponse aux demandes sociales de bien-être animal, de réduction des nuisances olfactives et de différenciation de produit.. © Inra, MAITRE Christophe
Mis à jour le 30/01/2014
Publié le 29/01/2014

Coordonné par l'Université de Newcastle, le projet PROHEALTH est centré sur l’exploration de nouvelles voies pour améliorer la santé des animaux, la qualité de la production et limiter son impact sur l’environnement tout en préservant la rentabilité des élevages et des filières. "Le caractère unique de PROHEALTH réside dans son approche holistique, centrée sur une compréhension de la dimension multifactorielle des maladies animales en élevages. Autre spécificité de PROHEALTH, les connaissances acquises seront utilisées pour mettre au point, évaluer et diffuser des stratégies d’amélioration et de contrôle efficaces dans le but de réduire l’impact sur tout le territoire européen" explique le Professeur Steve Homans, vice-recteur de l’Université de Newcastle.

Le projet PROHEALTH s’intéressera ainsi aux maladies, infectieuses ou non infectieuses, fréquentes en  production de porcs et volailles (poulets de chair, poules pondeuses et dindes) élevés dans divers types de structures de production, sur tout le territoire de l’UE. Une approche épidémiologique et expérimentale sera mise en œuvre  pour étudier les liens entre prédisposition génétique et facteurs environnementaux (nutrition, gestion). PROHEALTH apportera de nouveaux outils pour prédire l’apparition et le développement de maladies liées à l’élevage ainsi que des outils de communication pour sensibiliser davantage l’ensemble des acteurs et améliorer le partage des connaissances  tout en étant le fer de lance de l’innovation technologique. Cela aura pour conséquence une amélioration des systèmes d’élevage de porcs et de volailles dans toute l’Union Européenne, avec des répercussions positives au niveau mondial.

Le plus grand réseau de recherche mondial sur les porcs et les volailles

Lancé officiellement le 17 décembre 2013 pour 5 ans, PROHEALTH réunit dix partenaires académiques, une association européenne, quatre partenaires industriels et sept PME possédant une expertise dans le domaine des sciences vétérinaires et de l’épidémiologie, de la physiologie animale et de l’immunologie, des sciences socio-économiques, de la génétique et de la nutrition, ainsi que dans le bien-être des animaux et les sciences de la production pour les filières porcs et volailles. Ses membres proviennent du Royaume-Uni, de Belgique, de Chypre, de la République tchèque,
du Danemark, de Finlande, de France, des Pays-Bas, de Pologne, d’Espagne et de Suisse. "Ce partenariat est bâti sur une véritable synergie", explique Alejandro Bernal, vice-président directeur et président de la région Europe, Afrique et Moyen-Orient pour Zoetis Inc. "PROHEALTH est un excellent exemple d’initiative privé/public dans le but de faire progresser nos connaissances scientifiques, de répondre aux défis globaux que l’avenir nous réserve et d’améliorer le bien-être et la santé des animaux" précise t-il. Ce projet de recherche a reçu la plus importante subvention accordée par l’Union Européenne dans le domaine des productions animales (9 millions €, pour un coût total éligible de 11.9 millions €).

PROHEALTH : minimiser les pertes en élevages

Selon les prévisions de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les besoins en protéines d’origine animale devraient augmenter de 50 % au cours des 40 prochaines années. Le développement durable sera un principe essentiel pour faire face à cette demande mondiale avec des produits alimentaires sûrs et de qualité, à un prix abordable, tout en optimisant l’utilisation des ressources naturelles. D’après l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), 30 % de la production de produits animaux est actuellement perdue en raison de maladies, infectieuses ou non, se déclarant au niveau des élevages ; et ce, aussi bien au niveau européen que mondial. Le projet PROHEALTH a pour but de minimiser ces pertes qui, si elles restaient sans solution, amoindriraient notre capacité à répondre à la demande en protéines animales, tout en compromettant la santé et le bien-être des animaux.

En savoir plus

Les unités Inra impliqués dans PROHEALTH

- L'unité mixte de recherche Physiologie, Environnement et Génétique pour l'Animal et les Systèmes d'Élevage (UMR Pegase) a été créée en 2012 par l'Inra et Agrocampus Ouest. Située en Bretagne, au cœur d'une des plus grandes régions agricoles d'Europe, à 2h de Paris, Pegase compte environ 150 personnels permanents. Ses locaux sont répartis sur 3 sites autour de Rennes. Pegase mène ses recherches sur la biologie animale et les systèmes d'élevage dans le but ultime d'améliorer la durabilité et la compétitivité de l'élevage. Concrètement, l’unité  cherche à mieux comprendre comment les animaux (porcs, ruminants laitiers et volailles) et les systèmes d’élevage s'adaptent aux conditions et enjeux actuels et futurs.

- L’unité  ISP (Infectiologie et Santé Publique) est une unité d’environ 150 personnes travaillant à comprendre et à maîtriser les infections ou les maladies infectieuses animales. Il s’agit de connaître les agents pathogènes, ainsi que les mécanismes des infections et de leur contrôle via la réponse immunitaire. L’unité s’intéresse aux relations hôte-pathogène à l’échelle moléculaire, cellulaire et à celle de l'animal. Elle conduit ses recherches en fédérant des compétences dans les grandes disciplines de l’infectiologie : biologie cellulaire, bactériologie, parasitologie, virologie et immunologie. Les recherches engagées vont de la molécule à la maladie, sur des infections considérées comme prioritaires du fait de leur impact économique sur la production des animaux de rente  et leurs conséquences sur la santé publique et leurs effets sur l’environnement.