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Restauration écologique du fleuve Sélune : un programme scientifique au long cours

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a annoncé le 14 novembre qu’il engageait avec les élus du Sud-Manche, un projet de restauration de la biodiversité de la vallée de la Sélune, avec le démantèlement de deux grands barrages. Un programme scientifique de grande ampleur, coordonné par l’unité mixte de recherche Inra/Agrocampus Ouest Ecologie et Santé des Ecosystèmes et le pôle Agence Française pour la Biodiversité-Inra à Rennes, est adossé à ce projet. 

Barrage de Vezins (Manche)
Par Service communication Inra Bretagne-Normandie
Mis à jour le 05/12/2017
Publié le 23/11/2017

Initié en 2012 suite aux engagements du Grenelle de l’environnement, le projet de restauration des continuités écologiques sur la vallée de la Sélune en Normandie avait été suspendu en 2014. Relancé aujourd’hui par décision ministérielle, il permet aux équipes scientifiques engagées sur le terrain de poursuivre leurs travaux.

En effet, c’est une vingtaine d’unités de recherche de différents organismes qui s’est mobilisée depuis 5 ans sur ce territoire, soit près de cent scientifiques spécialisés dans des domaines aussi variés que la géologie, l’hydrologie, la chimie, la biologie ou les sciences humaines et sociales. Un travail pluridisciplinaire dont la première phase, qui se terminera en 2019, consiste à dresser un état des lieux général avant les opérations d’effacement. 

La vallée de la Sélune, sous l’impulsion d’un ambitieux plan de revalorisation socio-économique porté par les élus locaux, s’apprête également à vivre de profondes transformations. Il s’agira alors de comprendre les mécanismes de restauration écologique du cours d’eau et de sa vallée, d’étudier la dimension sociale et économique des changements à venir sur ce territoire, notamment pour l’agriculture. 

Sélune, un projet inédit en Europe

Le programme Sélune constitue un cas d’étude scientifique exemplaire par sa durée (16 ans), la dimension des barrages concernés (36 et 16 m de hauteur) et des lacs associés. C’est le premier programme de cette ampleur réalisé en France et en Europe. Les sujets traités sont organisés en quatre grands thèmes :

  • Paysages, habitants et usages : caractérisation des changements et conditions d’appropriation du projet sur le territoire.
  • Ripisylve, paysage et agriculture : modifications du paysage aux abords du cours d'eau et interactions entre agriculture, paysage et biodiversité.
  • Dynamique fluviale : changement des flux hydriques, sédimentaires et chimiques et leur impact sur la morphologie de la rivière et les habitats aquatiques.
  • Biocénoses aquatiques : évolution de la biodiversité et du fonctionnement des écosystèmes reconnectés, de la source à la baie du Mont-Saint Michel.

Le programme associe l'Inra, le CNRS, l’OSU de Rennes, Agrocampus Ouest et plusieurs universités françaises, l'Ifremer, le Museum National d'Histoire Naturelle, le BRGM et l’AFB. Pour le Centre Inra Bretagne-Normandie, sont impliquées les unités Ecologie et Santé des Ecosystèmes (UMR ESE qui coordonne le progamme), Sol, Agro hydrosystème, Spatialisation (UMR SAS) et Biodiversité Agroécologie et aménagement du paysage (UMR Bagap), ainsi que l’Unité Expérimentale d’Ecologie et Ecotoxicologie aquatiques.

Le programme se déroulera en deux phases successives : le pré-démantèlement entre 2012 et 2019 avec un état des lieux incluant la période de vidange et le post-démantèlement avec la restauration écologique. Le coût total prévisionnel du programme jusqu’en 2019 est de 7 M€ avec pour principaux financeurs l’Agence de l'Eau Seine-Normandie et les organismes scientifiques.

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A propos de

Nicolas Hulot donne son feu vert au projet de restauration de la biodiversité de la vallée de la Sélune

Le communiqué de presse