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Zoom sur le projet MIHMES

MIHMES est un projet de recherche qui vise à produire des connaissances scientifiques et des méthodes pour aider à la gestion des maladies animales infectieuses enzootiques et des risques en santé publique vétérinaire. Le projet est centré sur les maladies infectieuses en élevages bovins et porcins. MIHMES est coordonné par Pauline Ezanno, chercheuse à l’UMR «Biologie, Épidé­miologie et Analyse de Risque en santé animale» (BioEpAR) du centre Inra d’Angers-Nantes

Le Pin-au-Haras, implantation INRA dépendant du centre de Rennes.. © Inra, PAILLARD Gérard
Par Service communication Inra Rennes
Mis à jour le 08/11/2016
Publié le 15/09/2014

Le projet MIHMES (Modélisation multi-échelles, de l’Intra-Hôte à la Métapopulation, de la propagation d’agents pathogènes pour Évaluer des Stratégies de maîtrise) privilégie une approche de modélisation pour comprendre très précisément les mécanismes sous-jacents au processus d’infection et produire ainsi des outils d’aide à la décision utilisables par les professionnels (vétérinaires, organismes à vocation sanitaire, éleveurs…). Ces logiciels permettront d’évaluer l’efficacité épidémiologique mais aussi économique des mesures de prévention et de maîtrise de l’impact des maladies enzootiques mises en place à l’échelle de l’exploitation d’élevage, de la région ou de la filière de production.

MIHMES repose sur un partenariat entre 5 équipes de recherche françaises et une équipe suédoise ayant des compétences en mathématiques, in­formatique, infectiologie, immunologie, épidé­miologie et économie. Ce consortium est adossé à l’Institut Carnot en Santé Animale. Le projet, lancé début 2012 pour 5 ans, est financé dans le cadre des Investissements d’Avenir à hauteur de 6 millions d’euros dont 1,2 M€ financés par l’Agence Nationale de la Recherche et 200 k€ par le Fond Européen de Développement Régional des Pays-de-la-Loire

Les maladies infectieuses étudiées

Le projet MIHMES se focalise sur quatre maladies infectieuses enzootiques majeures des bovins et porcins, responsables de lourdes pertes économiques pour les éleveurs.

- La Fièvre Q, responsable d’avortements chez les bovins, est provoquée par la bactérie Coxiella burnetii qui se transmet principalement par voie respiratoire. Sa particularité est de pouvoir développer des formes de survie s’apparentant à des spores, résistantes dans l’environnement ainsi qu’à des désinfectants chimiques. Lorsque les conditions climatiques sont favorables (temps sec, vent dominant), elle peut être disséminée sur de grandes distances (plusieurs kilomètres), ce qui conditionne la dynamique de l’infection et la difficulté de la gestion sanitaire.

- La paratuberculose est une entérite (inflammation de l’intestin) dont le germe responsable est Mycobacterium avium subsp. paratuberculosis (Map). Map infecte principalement les veaux in utero, par consommation de lait ou de colostrum provenant d’une vache infectée, ou par contamination indirecte de leur environnement. Les animaux nouvellement infectés vont mettre jusqu’à 15 ans avant de présenter des signes cliniques de la maladie mais vont contaminer les bâtiments d’élevage et les pâturages avoisinants. La paratuberculose est une maladie incurable largement répandue.

- La diarrhée virale bovine (BVD) entraîne des manifestations cliniques variées allant d’une infection aiguë à la mort causée par la maladie des muqueuses. C’est une maladie très répandue. Dans la plupart des cas, les animaux sont infectés pendant quelques semaines, l’infection entraînant une réduction temporaire des défenses immunitaires et favorisant des infections secondaires. Cependant, chez une vache pleine, l’infection peut entraîner la perte du veau ou la naissance d’un veau infecté permanent immunotolérant (IPI) qui sera extrêmement contagieux toute sa vie. La plupart des IPI meurent dans leur première année de vie, mais certains n’ont aucun signe extérieur et peuvent même se reproduire, donnant aussi naissance à des veaux IPI

- Le Syndrome Dysgénésique et Respiratoire Porcin (SDRP), également appelé maladie de «l’oreille bleue», est une maladie virale répandue qui touche les porcs domestiques. Le SDRP associe deux syndromes : un trouble de la reproduction chez les truies et une maladie respiratoire chez les porcelets. Le trouble de la reproduction se caractérise par une stérilité, des avortements ou la naissance de porcelets faibles qui meurent souvent, peu après la naissance, d’une maladie respiratoire et d’infections secondaires.

Modélisation multi-échelles pour décrypter la complexité

Pour mieux comprendre et gérer les maladies animales enzootiques infectieuses et les risques de santé publique vétérinaire, les mécanismes d’infection doivent être décryptés à différentes échelles : au niveau de l’animal, du troupeau et des troupeaux voisins. La maîtrise de la maladie repose alors non seulement sur des décisions individuelles des gestionnaires locaux, mais aussi sur des décisions collectives et des incitations globales. Un ensemble d’éléments qui sera intégré dans la modélisation.

Modéliser la réponse immunitaire de l’animal à l’infection…
Les animaux sont différents les uns des autres. Du fait de ses caractéristiques propres (immunité innée) et des expositions antérieures (immunité acquise/adaptative), chaque animal a une sensibilité particulière à une infection donnée. Il n’y répondra pas de la même façon et n’aura pas des symptômes de même ampleur. Lors de la vaccination par exemple, le système immunitaire de l’animal va réagir. Ces processus seront décrits pour définir les caractéristiques du vaccin à cibler.
…l’intégrer à l’échelle du troupeau...
Un troupeau est un ensemble d’animaux en interaction. Représenter les réponses immunitaires individuelles à l’échelle d’un troupeau permet non seulement de représenter finement l’hétérogénéité de sensibilité des animaux à l’infection mais aussi de prédire l’immunité d’un troupeau et son impact sur la propagation des agents pathogènes. En élevage, les animaux sont élevés en lots d’âges ou de stades physiologiques homogènes, ce qui influence le mode de propagation des agents pathogènes. Cet élément est à prendre en compte au même titre que les actions mises en œuvre par l’éleveur qui, pour des raisons économiques et de temps de travail, cible généralement les animaux à traiter.
…et l’élargir à la région
Une région est un ensemble d’exploitations d’élevage en interaction. Un agent pathogène peut s’y propager du fait des mouvements d’animaux, des relations de voisinage, du vent... La proportion d’animaux infectés dans un troupeau (ou prévalence de l’infection) a une incidence sur le risque de transmission aux troupeaux en contact. Cette prévalence est souvent variable entre troupeaux et au cours du temps pour un troupeau donné, en lien avec la dynamique locale de l’infection et l’intensité des contacts entre troupeaux.

Contact(s)
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